Pour Nadine Guy toutes les étapes de la mode création sont à son actif

201205181444Dans sa boutique atelier, Nadine plie avec soin sa dernière création lingerie et la glisse dans une pochette. Le geste est précis, délicat, l’objet ira rejoindre une étagère. Styliste et créatrice de mode en lingerie, réalisatrice de modèles, Nadine Guy connaît désormais toutes les ficelles de son métier avec sa dernière acquisition. Car, récemment, elle a installé dans son garage une cuve de 150 litres pour teindre ses tissus. Pas n’importe quelle teinte, celle qui donne la jolie couleur Pastel : «Cet hiver j’ai fait un stage chez un teinturier en teintes végétales, le must, un maître chimiste-créateur».

Avec cette concrétisation Nadine possède de A à Z toute la filière de son métier : de la création à la production et, depuis plus d’un an, la commercialisation puisqu’elle tient boutique rue de l’Église avec la Petite Maison du Pastel. Un cheminement qui ne s’est pas fait sans embûche, tant la filière textile a été bousculée avec des périodes creuses, du chômage, des fermetures d’usines. Mais rebondir est son credo, elle nous raconte qu’elle a toujours travaillé et comment a commencé sa vocation. «Très jeune je savais que je travaillerai dans la couture, dans la création de modèles. L’évolution de l’économie a fait que je me suis retrouvée dans le développement comme styliste, mais j’ai commencé à la base et cela m’a donné un avantage sur les jeunes stylistes actuelles, car quand je vois un tissu je sais ce qu’il va donner» et Nadine poursuit : «j’ai appris le textile, sa chimie, quand j’achète une matière écrue, je sais dans quelle famille de produits elle finira». Avant de voler de ses propres ailes Nadine a travaillé pour des grandes marques parisiennes (Dior, Kenzo, Sonia Rykiel, Lacroix et bien d’autres). Résultat : elle crée du beau, des réalisations aux finitions très raffinées que l’on imagine bien dans des boutiques de luxe. «Mais à Lautrec cela reste du luxe à un prix abordable», confie celle qui, forte de toutes ses formations et compétences nouvelles, est heureuse et voit sereinement son avenir même si pour elle «compter ses heures n’a pas de sens, c’est actuellement sept jours sur sept».